Je me remet doucement à l'écriture car cela me manque ...

Voici donc mon dernier écrit pour le compte de l'atelier avec les consignes suivantes:

Douze mots pour les douze mois de l’année que nous allons passer ensemble dans la bonne humeur, la convivialité et le respect de l’autre, douze mots qui au premier abord n’ont rien à voir les uns avec les autres, mais qui trouveront tout naturellement une place dans votre texte avec un peu de patience et de persévérance !… Imprégniez-vous d’eux, laissez mijoter et l’encre va couler ! Prêts ? Les voici :Joyeux – tourbillonner – guitare – portemanteau – souligner – artichaut – frange – farcir – jumelles – patauger – se blottir – désordre

 

World-Trade-Center-world-trade-center-footage-39799121-1920-1200

Ma sœur jumelle et moi, étions venues nous installer dans les années 60 dans cette grande métropole joyeuse et vivante, qui ne dort jamais, tumultueuse et avant gardiste : la Grosse Pomme … A cette époque, on rêvait de gloire et de notoriété, de reconnaissance et de fierté…. Alors naturellement, après avoir élaboré nos plans, nous avons tout mis en œuvre pour rencontrer les bonnes personnes. Celles qui plaideraient notre cause et qui seraient prêtes à nous aider dans notre ascension …Messieurs Rockefeller se sont gentiment portés garants de notre bonne tenue ! Ils nous ont soutenues et financées, alors que l’on pataugeait dans les méandres du système administratif et politique américain.

Quelques années et péripéties plus tard, toute vêtue de vert et d’argent, nous nous sommes élevées au plus haut rang. Jusqu’à toucher le ciel et flirter avec les migrateurs ! Que c’était bon de vivre enfin, la tête dans les nuages !

La presse parlait de nous et de notre réussite, on venait de partout pour nous rencontrer … Autour de nous, la vie tourbillonnait à toute allure … Les hommes se mettaient à nos pieds pour jouer un air de guitare ou chanter la sérénade, se blottissaient contre nos flancs pour un peu de réconfort, certains cœurs d’artichaut fondaient simplement en larmes en nous voyant. Dans notre milieu, il régnait un joli désordre organisé, chapeaux et vestes aux portemanteaux, robes et escarpins pour une « Fenêtre sur le monde. »

Il faut souligner qu’à cette époque, on avait fière allure, droite, avec la tête haute, toujours impeccable, propre sur nous. Deux belles grandes Dames, à l’esthétique moderne, hors norme, parfois controversée par une frange de détracteurs à qui on avait farcis la tête d’inepties.

Et puis le temps a passé, faisant son travail de sape. D’autres, plus attirantes, attisaient la convoitise d’hommes conquérants… Ohh, nous étions toujours regardées, mais plus autant admirées. Même les banques doucement nous ont lâchés. Nos admirateurs nous ont désacralisés.

Un jour, après tant d’années fastes, tant de reportages et de photos de nous, tant d’hommes à nos pieds, tant de réussites et de charmes, deux grands oiseaux sont venus semer la mort dans nos entrailles.

Tout a volé en éclat, ravageant nos cœurs et nos hommes, nos convictions et nos passions, notre vision du monde et nos futures générations

Cela a était brutal, inattendu. Ce n’était pas un accident…

Ils nous ont fauchés de plein fouet…Ma Jumelle a était touchée la première, elle a mis un genou à terre et s’est effondrée, pour ne jamais se relever. J’ai essayé de résister, de rester debout, fière encore et toujours, mais je n’ai pas pu. Quelques minutes plus tard, à mon tour, je me suis écrasée comme une vulgaire poupée de cire….

La journée s’annonçait belle, mais pour des milliers, elle a été synonyme de cruauté.

 Cette journée a ouverte la porte sur le chaos, changeant à jamais notre vision du monde

Cette journée était le 11 Septembre 2001…

Nous étions les Twin Towers , et nous resterons toujours debout dans les cœurs de nos admirateurs…